MUNCI, 10 mars 2007 (MAJ 28 mars 2008)
5% : le (vrai) TAUX DE CHOMAGE moyen des informaticiens fin 2007
A lire notre dossier complet sur les chiffres de l’emploi en informatique
Depuis sa conférence de presse du 17 octobre 2006, le Syntec Informatique entretient l’illusion (à l’occasion de chaque bilan annuel notamment) d’un taux de chômage dans le secteur informatique d’environ 2%.
Ce (pseudo) taux de chômage, censé être celui des informaticiens dans la branche LSI (Logiciels & Services Informatiques), est établi à partir du nombre d’informaticiens demandeurs d’emplois dont le dernier employeur était une entreprise de la branche (SSII, éditeurs, SCT...et tous codes NAF 72, soit entre 6000 et 8000 demandeurs d’emplois d’après le chiffre qui aurait été communiqué au Syntec par l’Anpe) rapporté aux effectifs de la branche.
Le Syntec Informatique établit donc une distinction pour le moins surprenante entre les informaticiens au chômage issus de la branche LSI…et les autres.
Ce calcul fantaisiste n’a aucun sens pour les raisons suivantes :
un demandeur d’emploi est identifié par un code ROME qui correspond non pas au secteur de sa précédente entreprise mais à sa qualification et (surtout) au poste recherché !
les jeunes diplômés primo-demandeurs d’emplois ne peuvent être pris en compte puisqu’ils n’ont jamais travaillé... ils le sont bien, par contre, dans le seul calcul valable du taux de chômage de la profession qui prend, lui, en considération l’ensemble des demandeurs d’emplois en informatique sans distinction (cf. plus bas) !
De plus, il semble que la base prise en compte par le Syntec Informatique soit celle de l’ensemble des (350 000) salariés de la branche (informaticiens mais aussi administratifs, managers, commerciaux, cadres RH... qui représentent environ 20% des effectifs de la branche), alors que les demandeurs d’emplois en question ne sont quant à eux que des informaticiens !
Malheureusement, certains médias colportent ce chiffre biaisé sans discernement et surtout sans faire l’effort de prendre en considération, au moins en parallèle, les données publiques (Dares/Anpe), si bien qu’un certain nombre extrapole ce pseudo-taux de chômage à l’ensemble des informaticiens de France...
Or, selon les chiffres de la Dares, on dénombre fin décembre 2007 entre 20 122 demandeurs d’emplois en informatique (cat.1) et environ 30 000 (toutes catégories), soit un taux de chômage de la profession compris entre 4% et 6%, l’estimation la plus objective (catégories 1+4+6) étant d’environ 25 000 demandeurs d’emplois en informatique, soit 5% des informaticiens en France (base : 504 000 informaticiens selon la Dares).
Ce taux de chômage est supérieur au taux de chômage moyen des cadres en France qui se situe vers 3.6% (75% des informaticiens sont cadres, le taux d’emploi cadre le plus élevé parmi tous les groupes de métiers).